
À compter de septembre 2026, la formation infirmière évolue avec un nouveau référentiel. Plus d'heures, davantage de stages et une nouvelle organisation pédagogique : FO fait le point, sans alarmisme.
Une nouvelle formation pour les étudiants entrant en IFSI en septembre 2026
À la rentrée de septembre 2026, les étudiants qui débuteront leur première année en soins infirmiers entreront dans une formation profondément actualisée.
Le nouveau dispositif résulte notamment du décret n° 2026-130 du 20 février 2026 et de l'arrêté du 20 février 2026 relatif au diplôme d'État d'infirmier.
Les étudiants ayant commencé leur formation avant le 1er septembre 2026 restent, eux, soumis aux anciennes dispositions.
Pour FO Santé des Hôpitaux du Massif des Vosges, cette évolution mérite d'être expliquée clairement : le nouveau référentiel ne signifie pas que la formation infirmière passe au grade de master.
Le diplôme d'État d'infirmier demeure un diplôme de niveau 6, conférant le grade de licence.
Un diplôme qui reste au grade de licence… mais une délivrance qui évolue
C'est probablement l'un des changements les plus importants à comprendre.
Depuis la réforme de 2009, le diplôme d'État infirmier confère déjà le grade de licence. Ce n'est donc pas une nouveauté de 2026.
En revanche, à partir de la rentrée 2026, la délivrance du diplôme est transférée des préfets de région vers les universités accréditées.
Autrement dit, le rapprochement entre la formation infirmière et l'enseignement supérieur devient encore plus concret.
Le diplôme reste donc un diplôme d'État, mais sa délivrance relève désormais de l'université accréditée, après validation des conditions prévues par les nouveaux textes.
À retenir
Avant 2026 : diplôme d'État infirmier + grade de licence.
À partir de septembre 2026 :diplôme d'État infirmier + grade de licence, mais délivré par une université accréditée.
⇒ Ce n'est donc pas un passage au grade de master.
Une formation qui augmente en volume
Le nouveau référentiel fait évoluer sensiblement le volume de formation.
Avec l'ancien référentiel issu de l'arrêté du 31 juillet 2009, la formation représentait 4 200 heures, réparties entre :
- 2 100 heures de formation théorique ;
- 2 100 heures de formation clinique.
Le travail personnel complémentaire était estimé à environ 900 heures, soit une charge globale d'environ 5 100 heures.
À partir de septembre 2026, le nouveau référentiel prévoit 4 620 heures de formation, réparties ainsi :
- 2 310 heures d'enseignement clinique ;
- 1 890 heures d'enseignement et d'encadrement pédagogique ;
- 420 heures de travail d'appropriation des connaissances en autonomie.
La charge totale de travail de l'étudiant est désormais estimée entre 4 620 et 5 400 heures, avec jusqu'à 780 heures de travail personnel complémentaire.
Concrètement, cela représente quoi ?
La formation réglementaire augmente de 420 heures par rapport au référentiel précédent.
Mais surtout, la part consacrée à l'enseignement clinique passe de 2 100 à 2 310 heures.
Le nouveau référentiel fait donc le choix de renforcer la formation en situation professionnelle.
Davantage de stages, mais aussi davantage de personnalisation
L'organisation des crédits évolue également.
Dans l'ancien référentiel, les 180 crédits européens étaient répartis entre 120 crédits d'unités d'enseignement et 60 crédits de formation clinique.
Le nouveau référentiel conserve les 180 ECTS*, mais les organise différemment.
Il distingue désormais :
Le cadre national : 142 ECTS*
Il constitue le socle commun de la formation :
86 ECTS* d'enseignements théoriques et pratiques ;
56 ECTS* d'enseignement clinique, correspondant à 56 semaines de stage.
Le cadre de consolidation : 38 ECTS
Il permet davantage de personnaliser le parcours :
- 25 ECTS d'enseignements théoriques et pratiques ;
- 3 ECTS d'unités d'enseignement libres ;
- 10 ECTS d'enseignement clinique, correspondant à 10 semaines de stage.
Au total, le parcours représente donc 66 semaines d'enseignement clinique.
Cette nouvelle organisation permet notamment à l'étudiant d'explorer des lieux d'exercice ou des domaines davantage en lien avec son projet professionnel.
Un référentiel davantage centré sur le raisonnement clinique
Le changement n'est pas uniquement quantitatif.
Le nouveau référentiel fait évoluer la manière de présenter les compétences attendues du futur infirmier.
Le diplôme repose désormais sur cinq domaines de compétences, avec notamment une place centrale donnée à l'analyse des situations, au raisonnement clinique et à l'adaptation des interventions aux besoins de la personne.
L'objectif affiché est de former un professionnel capable non seulement de connaître les actes et les soins, mais aussi de comprendre une situation, analyser les données disponibles, identifier les besoins et adapter son intervention.
Pour les professionnels qui accueillent les étudiants en stage, cette évolution n'est donc pas anodine.
Le rôle du terrain dans la formation reste essentiel.

Alors, le diplôme infirmier est-il « plus élevé » en 202
Pas au sens du grade universitaire.
Il faut être très clair sur ce point pour éviter les raccourcis.
Un étudiant qui obtiendra son diplôme avec le nouveau référentiel disposera toujours d'un diplôme d'État infirmier de niveau 6 conférant le grade de licence.
Il ne s'agit donc pas d'un passage automatique à un grade de master.
En revanche, la réforme renforce l'intégration de la formation dans l'enseignement supérieur, notamment avec la délivrance du diplôme par les universités accréditées et une organisation pédagogique davantage articulée autour des connaissances, des compétences et de la professionnalisation.
Une évolution qui concerne aussi les professionnels de terrain
Cette réforme ne concerne évidemment pas uniquement les étudiants.
Elle concerne aussi les professionnels qui les accueillent, les encadrent et participent à leur formation.
Avec davantage d'enseignement clinique et une organisation différente des stages, les établissements de santé devront être particulièrement attentifs aux conditions d'accueil et d'encadrement des étudiants.
Car former un infirmier ne consiste pas simplement à lui permettre d'effectuer des actes.
C'est accompagner progressivement un futur professionnel dans l'acquisition du raisonnement clinique, de l'autonomie, des compétences techniques et relationnelles et de la capacité à prendre sa place dans une équipe de soins.
FO Santé HMV: expliquer la réforme sans la caricaturer
Cette réforme constitue une évolution importante de la formation infirmière.
Elle apporte davantage de volume de formation, renforce l'enseignement clinique et introduit une possibilité de personnalisation plus importante du parcours.
Mais elle ne doit pas être présentée comme une transformation du diplôme infirmier en master.
Le grade reste celui de la licence.
La véritable évolution de 2026 se situe ailleurs : dans la structure de la formation, dans son articulation avec l'université, dans le renforcement de la formation clinique et dans la manière de préparer les futurs infirmiers aux réalités de leur exercice professionnel.
Pour FO Santé des HMV, cette réforme devra surtout être évaluée à l'aune d'une question essentielle :
les moyens d'encadrement et de formation seront-ils à la hauteur des ambitions affichées ?
Car un nouveau référentiel peut moderniser les programmes.
Mais ce sont les formateurs, les professionnels de terrain et les équipes qui permettent réellement de former les infirmiers de demain.
*ECTS: Un crédit ECTS correspond à une unité de mesure européenne (European Credit Transfer System) qui représente environ 25 à 30 heures de travail étudiant (cours, examens et travail personnel). Une année complète d'études représente 60 crédits (30 par semestre).
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