L'étrange mécanique de l'épuisement ordinaire
Il est des climats professionnels qui s'installent non dans la clameur d'un effondrement brutal, mais dans une battologie persistante, une répétition sempiternelle des mêmes discours, des mêmes justifications, des mêmes rodomontades managériales. Tout se dit, se redit, se contredit parfois — controuver devient presque une méthode — jusqu'à produire une forme d'hébétude collective, un état quasi hypnagogique où chacun agit sans plus vraiment comprendre pourquoi. Un solipsisme organisationnel s'installe alors, où la parole dirigeante ne s'adresse plus qu'à elle-même, sourde à toute altérité.
La direction, péremptoire dans ses certitudes, se proclame dotée de compétences supérieures, érigeant son savoir en dogme abscons et pondéreux, tout en dénonçant sa propre surcharge, son épuisement, sa condition presque valétudinaire. Cette posture, oscillant entre blandice melliflue et accès de protervité coruscante, masque mal une pusillanimité structurelle :...



