Chronique d'une parole qui s' éteint, de la table des débats à la chaise vide.
Acte I : le temps des stratégies
Il n'y a pas si longtemps, certaines organisations syndicales prenaient pleinement part aux échanges en instance. Les interventions étaient présentes, les positions et les réponses assumées. On sentait cette volonté d'influencer le débat.
C'était le temps des échanges stratégiques.
Le temps où chaque point à l'ordre du jour appelait une concertation et à une prise de parole.
Le temps où cette prise de parole assumée était une pratique courante.
Acte II : l'ère de la courtoisie réglementaire
Puis, progressivement, un changement de ton s'est opéré. Face à notre organisation syndicale, les interventions sont devenues plus sobres, plus lisses, plus consensuelles.
Les échanges ont laissé place aux formules polies.
Les désaccords se sont transformés en hochements de tête respectueux.
Rien de condamnable, bien sûr. La courtoisie est une vertu, surtout en instance officielle. Mais chacun a pu constater que, derrière cette politesse...


