
Depuis le 1er septembre 2025, les agents de la fonction publique hospitalière peuvent désormais accéder à la retraite progressive dès 60 ans, sans avoir à attendre d’être à deux ans de l’âge légal de départ comme c’était le cas auparavant. Ce changement facilite l’aménagement de la fin de carrière pour les professionnels des établissements publics de santé, sociaux et médico-sociaux.
Définition
La retraite progressive permet aux agents de réduire leur temps de travail tout en commençant à percevoir une partie de leur pension de retraite. Ce dispositif vise à faciliter la transition vers la retraite complète, en combinant activité professionnelle à temps partiel et perception d’une pension partielle.
Avantages
- préserver un revenu tout en travaillant moins,
- continuer à cotiser pour la retraite, ce qui peut générer une surcote,
- bénéficier d’un avancement d’échelon ou de grade,
- préparer progressivement la sortie du monde du travail.
Conditions d'accès
Pour bénéficier de la retraite progressive, les hospitaliers doivent remplir plusieurs critères :
- Être âgé d’au moins 60 ans, sans limite d’âge supérieure.
- Justifier d’au moins 150 trimestres tous régimes confondus (y compris les trimestres liés au service militaire, congés maternité/paternité, etc.).
- Avoir effectué au moins deux ans de services effectifs auprès de la CNRACL.
- Exercer leur activité exclusivement dans la fonction publique.
Temps partiel obligatoire
L’agent doit travailler à temps partiel entre 50 % et 90 %. S’il est à temps plein, il doit demander une autorisation de temps partiel. Cette autorisation peut être de droit (raisons familiales, handicap) ou soumise à l’appréciation de la direction. Attention : certains temps partiels ne permettent pas d’accéder à la retraite progressive, comme le temps partiel thérapeutique ou celui pour création/reprise d’entreprise.
Un dispositif en plein essor
La réforme semble déjà susciter un engouement croissant : au premier trimestre 2025, la CNRACL a enregistré 1 841 demandes de retraite progressive, contre 863 sur la même période en 2024.
Des inégalités persistantes
Malgré les avancées, des disparités subsistent, notamment en matière de prise en compte de la maternité. Dans le secteur privé, quatre trimestres sont accordés pour chaque enfant, contre deux seulement dans la fonction publique pour les enfants nés ou adoptés après le 1er janvier 2004.
Calcul de la pension
La pension partielle est calculée selon les mêmes règles que la retraite définitive :
- L’indice détenu depuis au moins six mois.
- Une éventuelle décote si la durée d’assurance est insuffisante.
- La prise en compte des services effectifs, bonifications et majorations.
Le montant de la pension dépend du temps non travaillé. Par exemple :
- Un agent avec 165 trimestres, à 80 % de temps partiel, payé à l’indice brut 452, verra son salaire passer de 1 974 € à 1 959 €, avec 269 € de pension.
- Un agent avec 164 trimestres, à 50 % de temps partiel, payé à l’indice brut 750, passera de 3 071 € à 2 560 €, dont 1 025 € de pension.
Suspension et annulation
La retraite progressive peut être suspendue en cas de :
- Congé paternité ou d’adoption.
- Temps partiel thérapeutique.
- Perte du statut d’agent public exclusif.
- Elle est annulée si l’agent demande la liquidation complète de sa retraite ou s’il cesse de travailler à temps partiel. À noter : ce dispositif ne peut être utilisé qu’une seule fois.
Actualité précédente :
Compte rendu du dialogue social FO Santé / DRH – 6 octobre 2025
Actualité suivante :
Avancements d’échelons et avancements de grades : comment ça fonctionne dans la Fonction Publique Hospitalière ?

