
Le Conseil d’État a rendu une décision historique qui aura des répercussions durables sur l’organisation du travail dans la fonction publique : le report des heures non travaillées d’une année sur l’autre est désormais interdit. Une décision qui va bouleverser la gestion du temps de travail dans le secteur public.
Cette position, claire et ferme, impose une nouvelle rigueur dans l’application des obligations annuelles de travail, redéfinissant ainsi la gestion du temps pour l’ensemble des agents publics.
Fin d’une pratique courante : vers une stricte annualisation
Jusqu’à présent, de nombreuses administrations pratiquaient une certaine souplesse dans le suivi du temps de travail, permettant aux agents de "rattraper" des heures non effectuées sur l’année suivante. Cette flexibilité est désormais proscrite.
Désormais, chaque heure manquante devra être régularisée dans l’année en cours, faute de quoi l’agent pourrait être en situation d’irrégularité. Cette nouvelle contrainte impose une refonte des plannings, un suivi renforcé des compteurs d’heures, et une responsabilité accrue des gestionnaires RH dans le respect de la réglementation.
Une victoire syndicale emblématique… et une position déjà défendue par FO Santé des HMV
La décision du Conseil d’État fait suite à une action portée par un syndicat des sapeurs-pompiers professionnels, qui contestait la délibération du SDIS de la Drôme autorisant ce report. Leur recours a été entendu, marquant un signal fort en faveur du respect des principes d’annualisation du temps de travail.
Mais bien avant cette décision, FO Santé des Hôpitaux du Massif des Vosges (HMV) avait déjà fait de cette règle un principe non négociable. Depuis sa création, notre organisation syndicale s’est battue sans relâche pour faire appliquer strictement la réglementation interdisant le report d’heures non travaillées, considérant qu’il s’agissait d’un fondement du respect du cadre légal du travail.
Grâce à notre intransigeance sur ce point, et en mettant systématiquement en avant les textes réglementaires, nous avons obtenu l'application pleine et entière de cette règle pour l’ensemble des agents des Hôpitaux du Massif des Vosges à compter du 1er janvier 2025.
Un précédent pour les futures luttes
En fixant ce cadre légal, le Conseil d’État pourrait avoir ouvert la voie à de nouveaux contentieux autour de la gestion du temps de travail dans le secteur public. Les syndicats ont désormais un levier supplémentaire pour faire respecter les droits des agents face à des pratiques contraires à la réglementation.
Cette décision est aussi une piqûre de rappel pour les administrations : la gestion du temps de travail ne saurait s’affranchir du cadre légal, au risque de créer des inégalités et des tensions sur le terrain.
Une vigilance syndicale renforcée
Face à ces évolutions, les syndicats entendent renforcer leur vigilance sur le terrain, en exigeant transparence, équité et respect des textes dans la gestion du temps de travail. Ce combat pour une fonction publique juste, rigoureuse et respectueuse des droits des agents est plus que jamais d’actualité.
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