
Le constat est sans appel : l'hôpital public est à bout de souffle.
Après un été marqué par des épisodes caniculaires, des effectifs toujours insuffisants, des services sous tension et des professionnels épuisés, la Fédération Force Ouvrière des Services Publics et de Santé (FO-SPS) appelle à une journée nationale "Hôpital mort" le mardi 8 septembre 2026, dans un cadre intersyndical.
Cette mobilisation ne vise pas à pénaliser les patients.
Elle vise à sauver l'hôpital public avant qu'il ne soit trop tard.
♦ Le 8 septembre, faisons entendre notre silence ♦
À l'appel de FO-SPS, les professionnels sont invités à participer à une mobilisation symbolique mais forte :
- porter un brassard noir tout au long de la journée ;
- respecter une minute de silence entre 12 h et 14 h en hommage à l'hôpital public qui s'éteint progressivement ;
- témoigner, expliquer et médiatiser les difficultés vécues quotidiennement dans les établissements de santé.
Nous proposerons aux personnels de respecter une minute de silence entre midi et deux, de porter un brassard noir et de médiatiser au maximum les difficultés rencontrées dans les hôpitaux.
Didier Birig, Secrétaire Général FO-SPS
Parce que derrière chaque service en difficulté, derrière chaque poste vacant, derrière chaque professionnel épuisé, ce sont aussi des milliers de patients qui attendent des réponses.
L'hôpital public est en danger
Les chiffres parlent d'eux-mêmes.
Plus de 60 000 postes d'infirmiers sont aujourd'hui vacants dans les hôpitaux français.
Jamais les difficultés de recrutement n'ont été aussi importantes.
Jamais les conditions de travail n'ont autant découragé les professionnels.
Jamais les équipes n'ont autant dû compenser les absences, les postes non remplacés et les restrictions budgétaires.
Et pourtant…
Les annonces ministérielles se succèdent.
Les promesses également.
Les résultats, eux, se font toujours attendre.
L'exemple des 30 000 climatiseurs promis avant les fortes chaleurs illustre parfaitement ce décalage entre la communication politique et la réalité vécue dans les établissements.
Pendant que les agents continuaient de travailler dans des locaux surchauffés, les solutions promises restaient, pour beaucoup, invisibles.
Toujours plus d'économies… jamais plus de moyens
Comme si la situation n'était pas déjà suffisamment critique, le Gouvernement a annoncé cet été 3 milliards d'euros d'économies supplémentaires pour 2026, après plusieurs milliards de gels et d'annulations de crédits déjà décidés quelques semaines auparavant.
À chaque nouvelle annonce budgétaire, ce sont les mêmes inquiétudes qui reviennent :
- moins d'investissements ;
- moins de recrutements ;
- davantage de restrictions ;
- une pression toujours plus forte sur les équipes.
À force de demander toujours plus avec toujours moins de moyens, c'est tout le système hospitalier qui se fragilise.
Les revendications de Force Ouvrière sont claires
FO ne se contente pas de dénoncer.
FO porte des revendications concrètes pour reconstruire un hôpital attractif, capable de répondre aux besoins de la population.
La Fédération revendique notamment :
- la revalorisation immédiate de la valeur du point d'indice ;
- une amélioration réelle des grilles salariales ;
- le maintien intégral du traitement pendant les arrêts maladie ;
- un renforcement des capacités de formation des Instituts de Formation en Soins Infirmiers (IFSI) ;
- la création d'une prime canicule pour les agents exposés ;
- le respect effectif du droit à trois semaines consécutives de congés annuels ;
- une complémentaire santé offrant un haut niveau de remboursement.
Ces revendications ne sont pas des privilèges.
Elles constituent les conditions minimales pour permettre aux professionnels d'exercer leur métier dignement et d'assurer une prise en charge de qualité.
Aux Hôpitaux du Massif des Vosges, nous sommes tous concernés
Les difficultés nationales trouvent un écho quotidien dans nos établissements.
Les professionnels des Hôpitaux du Massif des Vosges savent ce que signifient :
- les effectifs insuffisants ;
- les rappels sur repos ;
- les postes vacants ;
- les difficultés de recrutement ;
- les organisations sans cesse réadaptées ;
- la fatigue qui s'accumule.
Nous refusons que cette situation devienne normale.
Nous refusons que l'on considère l'engagement sans faille des personnels comme une ressource inépuisable.
Nous refusons que l'hôpital public continue de perdre ses forces dans l'indifférence.
Et après le 8 septembre ?
Afin de permettre aux établissements qui le jugeraient nécessaire de se mobiliser rapidement, FO-SPS a déposé un préavis national de grève couvrant la période du 2 juillet au 15 octobre 2026.
Par ailleurs, Force Ouvrière participera également à la journée de grève intersyndicale de la Fonction publique le 29 septembre 2026, aux côtés des autres organisations engagées dans cette mobilisation.
♥ Défendre l'hôpital, c'est défendre nos patients ♥
Ne nous trompons pas de combat.
Lorsque Force Ouvrière appelle à la mobilisation, ce n'est pas contre les patients.
C'est pour qu'ils puissent continuer demain à être soignés dans des conditions dignes, humaines et sécurisées.
C'est pour préserver des équipes compétentes.
C'est pour défendre nos emplois.
C'est pour protéger un service public auquel chaque citoyen est attaché.
Le silence que nous observerons le 8 septembre ne sera pas celui de la résignation.
Ce sera le silence d'un avertissement.
Celui d'hommes et de femmes qui refusent de voir mourir, dans l'indifférence générale, l'un des piliers de notre République.
Le 8 septembre, portons un brassard noir. Respectons une minute de silence. Faisons entendre notre colère.
Parce que sans personnels, il n'y a plus d'hôpital.
Parce que sans hôpital, il n'y a plus de service public de santé.
Et parce que sans mobilisation, rien ne changera.
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