
Le Gouvernement annonce la livraison de 30 000 climatiseurs aux établissements de santé. Pendant ce temps, jusqu'à 38 °C sont relevés dans certains services des Hôpitaux du Massif des Vosges. Une question s'impose : où sont passés les climatiseurs ?
Une annonce nationale face à une réalité locale
Le Gouvernement a annoncé une commande exceptionnelle de 30 000 climatiseurs destinée aux établissements de santé afin de faire face aux épisodes de canicule, avec plusieurs vagues de livraisons déjà effectuées.
Une décision saluée sur le principe.
Mais sur le terrain, aux Hôpitaux du Massif des Vosges, les professionnels s'interrogent.
Combien de ces équipements ont réellement été attribués aux HMV ?
À ce jour, aucune communication officielle ne permet de répondre à cette question.
38 °C dans les chambres, 36 °C dans les couloirs
Les remontées de terrain sont préoccupantes.
Dans plusieurs secteurs des Hôpitaux du Massif des Vosges, des températures de 38 °C ont été relevées dans certaines chambres et 36 °C dans plusieurs couloirs.
Les ventilateurs installés ne refroidissent pas l'air. Ils brassent simplement une chaleur déjà étouffante.
Lorsque les températures atteignent un tel niveau, chaque déplacement devient plus pénible, chaque soin plus éprouvant et chaque heure de travail plus difficile à supporter.
Les patients doivent être protégés… les professionnels aussi
Les personnes hospitalisées et les résidents sont particulièrement vulnérables aux fortes chaleurs.
Personne ne remet cette évidence en cause.
Mais derrière chaque prise en charge, il y a aussi des femmes et des hommes qui assurent le fonctionnement quotidien de l'hôpital.
Agents des services de soins, personnels techniques, agents de restauration, agents administratifs, ASH, brancardiers, manipulateurs, secrétaires…
Tous continuent à exercer leurs missions dans des conditions parfois extrêmement difficiles.
À ces températures, il ne s'agit plus d'un simple inconfort.
Il s'agit d'un véritable enjeu de santé au travail.
La chaleur augmente aussi les risques professionnels
La chaleur n'affecte pas uniquement le confort.
Elle augmente les risques de déshydratation, de fatigue, de malaises, de perte de vigilance et, par conséquent, le risque d'erreurs ou d'accidents.
Dans un établissement de santé, ces conséquences peuvent avoir des répercussions sur les professionnels comme sur les patients.
Préserver les conditions de travail participe directement à la qualité et à la sécurité des soins.
Des réponses attendues de la Direction
Au regard des annonces gouvernementales, plusieurs questions méritent désormais des réponses précises.
- Combien de climatiseurs les Hôpitaux du Massif des Vosges ont-ils reçus ?
- Combien sont aujourd'hui installés et opérationnels ?
- Quels sites et quels services ont été retenus en priorité ?
- Quels secteurs restent encore sans solution de rafraîchissement ?
- Ces informations relèvent de la transparence attendue envers les agents.
Ce que prévoit désormais la réglementation
Depuis le 1er juillet 2025, le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 renforce les obligations des employeurs face aux épisodes de chaleur.
Dans la fonction publique hospitalière, l'établissement doit désormais :
- évaluer le risque lié aux fortes chaleurs ;
- adapter l'organisation du travail lorsque cela est nécessaire ;
- mettre à disposition de l'eau potable fraîche ;
- prévoir des mesures limitant l'exposition des agents à la chaleur ;
- aménager les locaux ou les postes de travail lorsque la situation l'exige.
En revanche, contrairement à une idée largement répandue, aucune disposition réglementaire ne fixe une température maximale de travail à partir de laquelle l'activité devrait automatiquement être interrompue.
Le droit de retrait : une protection, pas un automatisme
Dans la fonction publique hospitalière, le droit de retrait peut être exercé lorsqu'un agent dispose d'un motif raisonnable de penser que sa situation de travail présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé.
Une température élevée, à elle seule, ne suffit pas automatiquement à justifier ce droit.
En revanche, lorsque la chaleur est associée à l'absence de mesures de prévention adaptées, à une activité physique importante, à des malaises constatés ou à un risque réel pour la santé des agents, la situation peut relever du danger grave et imminent.
Chaque cas doit être apprécié concrètement.
FO Santé HMV demande des actes, pas des annonces
Les épisodes de fortes chaleurs deviennent désormais récurrents.
Les professionnels ne peuvent plus être contraints de travailler dans des locaux où les températures approchent ou dépassent les 40 °C, sans disposer de moyens de rafraîchissement adaptés.
FO Santé HMV demande à la Direction de communiquer rapidement sur les équipements effectivement reçus par l'établissement, leur répartition et les mesures immédiates mises en œuvre pour protéger les professionnels.
Parce qu'à l'hôpital, protéger les agents, c'est aussi protéger les patients.
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