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862 000 agents publics rattrapés par le Smic : un aveu d'échec pour la politique salariale dans la fonction publique

862 000 agents publics rattrapés par le Smic : un aveu d'échec pour la politique salariale dans la fonction publique

6 mn

À compter du 1er juin 2026, 862 000 agents publics bénéficieront de l'indemnité différentielle afin que leur rémunération ne tombe pas en dessous du Smic. Derrière cette annonce gouvernementale se cache une réalité inquiétante : des centaines de milliers de fonctionnaires voient leur salaire progressivement absorbé par le salaire minimum.

Le gouvernement présente cette mesure comme une réponse rapide à la hausse du Smic de 2,41 %. Pourtant, pour FO Santé HMV, cette situation traduit avant tout l'effondrement progressif des grilles salariales de la fonction publique.

Quand le Smic rattrape les carrières

L'indemnité différentielle n'est pas une augmentation de salaire. C'est un mécanisme de rattrapage destiné à éviter qu'un agent public soit rémunéré en dessous du minimum légal.

Concrètement, cela signifie qu'aujourd'hui :

  • Plus de 862 000 agents publics sont concernés ;
  • Près de 306 000 agents de l'État devront être compensés ;
  • Le montant maximal de cette indemnité atteindra 65,28 € bruts par mois ;
  • Cette indemnité n'est pas prise en compte pour la retraite.

Autrement dit, l'État est contraint de verser une prime corrective pour masquer le décrochage des traitements indiciaires.

Des années d'ancienneté pour quelques euros de différence

Les chiffres sont particulièrement révélateurs :

  • Un agent de catégorie C avec 19 ans d'ancienneté ne gagne plus en moyenne que 38 € bruts de plus que le Smic ;
  • Un agent de catégorie B avec 6 ans d'ancienneté ne perçoit plus que 33 € bruts de plus que le Smic, contre 128 € en 2023 ;
  • Même les premiers échelons de la catégorie A sont désormais touchés.

Quel message est envoyé aux agents ?

Qu'après plusieurs années de service public, de responsabilités croissantes, de contraintes professionnelles et d'engagement quotidien, leur progression salariale se résume à quelques dizaines d'euros au-dessus du minimum légal.

Cette situation est inacceptable.

Une indemnité qui ne règle rien

L'indemnité différentielle permet certes d'éviter l'illégalité d'une rémunération inférieure au Smic, mais elle ne répond à aucun des problèmes de fond :

  • Elle ne revalorise pas les grilles ;
  • Elle ne reconnaît pas l'expérience acquise ;
  • Elle ne valorise pas les qualifications ;
  • Elle ne compte pas pour la retraite ;
  • Elle accentue le tassement entre les catégories et les échelons.

À force de compenser les effets du gel salarial par des dispositifs temporaires, c'est toute la logique de carrière de la fonction publique qui s'effrite.

Les hospitaliers en première ligne

Dans les établissements de santé, cette réalité est particulièrement visible.

Les professionnels hospitaliers subissent depuis plusieurs années :

  • une inflation qui réduit leur pouvoir d'achat ;
  • des conditions de travail toujours plus difficiles ;
  • des effectifs insuffisants ;
  • une reconnaissance financière largement insuffisante.

Pendant que les discours gouvernementaux saluent l'engagement des soignants et des personnels hospitaliers, la réalité est que des milliers d'agents voient leur rémunération se rapprocher dangereusement du Smic malgré leur ancienneté et leurs responsabilités.

862 000 agents concernés : ce chiffre devrait alerter le gouvernement. Pour FO Santé HMV, il ne s'agit pas d'une réussite sociale, mais du symptôme d'une crise salariale profonde qui touche désormais l'ensemble de la fonction publique.

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