
Nous savons. Pas par intuition, ni par rumeur, mais par recoupement, par faits, par cohérence. La question n'est plus de savoir si nous savons, mais ce que chacun fera lorsque ce savoir cessera d'être supportable.
Nous savons. Point.
Nous savons qu'il se passe quelque chose.
Pas parce que nous l'imaginons, mais parce que les faits s'emboîtent. Les décisions, les silences, les contradictions répétées : tout converge. Rien n'est laissé au hasard quand on regarde assez longtemps.
Ce savoir n'est pas une croyance.
C'est un constat.
Le silence n'efface pas les faits
Nous savons que vous savez que nous savons.
Et le silence qui persiste ne crée plus le doute, il le confirme.
À ce stade, se taire n'est plus une stratégie. C'est une reconnaissance implicite. Car lorsqu'il n'y a rien à cacher, il n'y a rien à éviter. Or ici, tout est évité. Les réponses. Les explications. Les mots justes.
Un savoir construit, pas improvisé
Ce que nous savons ne vient pas d'un couloir ou d'un murmure isolé.
Il est né de recoupements, de répétitions, d'éléments trop cohérents pour être accidentels. Ce savoir s'est construit dans le temps, patiemment, presque malgré nous.
Et c'est précisément ce qui le rend dangereux.
Parce qu'il résiste aux démentis de façade.
Le flou comme tentative de neutralisation
Face à un savoir solide, le flou devient une arme.
On ne nie pas. On dilue.
On ne répond pas. On contourne.
Mais le flou ne détruit pas le savoir.
Il ne fait que révéler la gêne de ceux qui le subissent.
Chaque décision prise sans explication n'éteint rien. Elle alimente. Chaque justification tardive ne rassure pas. Elle interroge davantage.
Ce que nous savons met mal à l'aise, et c'est normal
Ce savoir dérange parce qu'il expose des responsabilités.
Parce qu'il oblige à regarder en face ce qui a été fait, ce qui ne l'a pas été, et ce qui a été volontairement repoussé.
Un système à l'aise avec ses choix parle.
Un système mal à l'aise se replie.
La vraie tension n'est plus dans le savoir, mais dans ses conséquences
La question n'est donc plus : que savons-nous ?
Elle est devenue : que va-t-on faire de ce que nous savons ?
Car un savoir assumé appelle une réponse.
Et toute réponse implique un choix.
Et tout choix implique un risque.
C'est là que le silence devient dangereux.
Pas pour nous.
Pour ceux qui le maintiennent.
Nous savons. Et le temps du confort est terminé.
Nous savons que vous savez que nous savons.
Et désormais, chacun devra assumer la place qu'il choisit.
Celle de la clarification.
Ou celle du déni organisé.
Car ce que nous savons ne disparaîtra pas.
Il ne s'usera pas.
Il ne s'oubliera pas.
Il attend.
Et quand il sera impossible de continuer à faire comme si de rien n'était,
il ne restera plus qu'une question, brutale et définitive :
Qui savait… et qui a choisi de se taire ?
Mais que savons nous vraiment ?
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