REJOIGNEZ UN SYNDICAT ACTIF AUX HÔPITAUX DU MASSIF DES VOSGES: FO, le seul syndicat qu'il vous FO !

Grand Est : le maintien des places en IFSI, une décision de bon sens face à la crise du recrutement

Grand Est : le maintien des places en IFSI, une décision de bon sens face à la crise du recrutement

8 mn

Alors que la Région Grand Est envisageait la suppression de 652 places en Instituts de Formation en Soins Infirmiers dès la rentrée 2026, l'adoption du budget de l'État a finalement permis leur maintien. Une décision indispensable face aux tensions de recrutement et au vieillissement de la population.

IFSI : une suppression évitée de justesse

La Région Grand Est avait clairement alerté : sans le versement par l'État des financements promis, ce sont 652 places en Instituts de Formation en Soins Infirmiers (IFSI) qui devaient être supprimées à la rentrée 2026.

Une décision lourde de conséquences, qui aurait fait chuter le nombre total de places de 3 544 à 2 892, soit près de 20 % de baisse.

Dans le détail, la répartition actuelle des places est la suivante :

  • 632 places en Champagne-Ardenne,
  • 1 355 places en Lorraine,
  • 905 places en Alsace.

Sans engagement financier de l'État, la capacité de formation aurait quasiment retrouvé son niveau d'avant la crise sanitaire, malgré des besoins de santé toujours plus importants.

Le budget de l'État débloque la situation… pour 2026 seulement

Depuis le 20 janvier, et l'adoption du budget de l'État via l'article 49.3, le gouvernement a finalement décidé d'honorer ses engagements financiers.

Les 215 millions d'euros prévus dans le cadre de l'accord État–Régions Ségur 2019-2027 seront bien versés, dont 24 millions d'euros pour la Région Grand Est.

« Ces 24 millions d'euros, c'est ce qu'il nous manquait. Les 652 places vont pouvoir être réintégrées sur Parcoursup », a déclaré Valérie Debord, première vice-présidente du Conseil régional Grand Est.

Une bonne nouvelle pour les futurs étudiants, alors que les formations en soins infirmiers constituent le troisième vœu le plus demandé sur Parcoursup, avec 720 000 demandes en 2024.

Mais un point d'alerte demeure : seule l'année 2026 est sécurisée. Aucune garantie n'est aujourd'hui apportée pour 2027, alors même que la formation infirmière dure trois ans. Une incertitude permanente, épuisante pour les régions comme pour les professionnels de la formation.

Depuis 2019, la Région Grand Est a pourtant fortement investi dans la formation infirmière :

  • +24 % de places en six ans,
  • passage de 2 717 à 3 544 places,
  • 131 places supplémentaires en Champagne-Ardenne,
  • 474 en Lorraine,
  • 222 en Alsace.

Le budget global consacré à la formation infirmière dépasse aujourd'hui 76 millions d'euros, incluant le fonctionnement des IFSI et les bourses étudiantes, soit une hausse de 25 % depuis 2019.

Ces efforts régionaux montrent une réalité : le problème n'est pas l'utilité des formations, mais leur financement par l'État.

Aides-soignants : le grand angle mort de l'État

Si l'État financera finalement la formation infirmière pour 2026-2027, il se désengage totalement des formations d'aides-soignants.

Dès la rentrée 2025, les engagements n'ont pas été tenus, générant un manque à gagner de 6 millions d'euros par an pour le Grand Est.

Un choix incompréhensible, alors que les besoins en aides-soignants sont urgents et massifs, dans le sanitaire comme dans le médico-social, en établissement comme à domicile.

La Région Grand Est est par ailleurs l'une des régions les plus vieillissantes de France, avec des besoins croissants en gériatrie et en accompagnement de la perte d'autonomie.

Des besoins en soins qui vont exploser d'ici 2050

Les chiffres sont sans appel :

  • 599 000 infirmiers en emploi en 2021,
  • 424 000 aides-soignants,
  • malgré une hausse de 8 % depuis 2013,
  • les effectifs infirmiers baissent à l'hôpital depuis 10 ans.

Selon la DREES, les besoins en soins infirmiers augmenteront de 50 % d'ici 2050.
Pour maintenir l'offre de soins actuelle, il faudrait 3 000 diplômés supplémentaires chaque année, soit :

  • +14 % de places ouvertes durablement,
    ou
  • diviser par deux les abandons en cours de formation.

Commentaire FO Santé des HMV

FO Santé des Hôpitaux du Massif des Vosges prend acte de cette décision de maintien des places en IFSI, une décision plus raisonnable et responsable au regard de la conjoncture actuelle.

Les établissements sanitaires et médico-sociaux font face à des difficultés de recrutement importantes, avec des équipes sous tension permanente et des besoins de soins en constante augmentation, notamment dans les territoires où la population est vieillissante.

La santé n'est pas une option, c'est un besoin fondamental.

Supprimer des places de formation aurait été une aberration sociale, sanitaire et territoriale.

FO Santé rappelle que former plus, c'est anticiper, et que l'État doit assumer pleinement ses responsabilités financières, non seulement pour les infirmiers, mais aussi pour les aides-soignants et l'ensemble des métiers du soin.

La formation n'est pas une charge : c'est un investissement pour l'avenir du service public de santé.

J'adhère