
Autrefois, la France se vantait d'avoir le meilleur système de santé au monde. Aujourd'hui, l'hôpital public est contraint de tendre la main pour survivre. Prêts citoyens, mécénat, appels aux dons, tombolas, cagnottes en ligne… voilà à quoi se résume désormais une partie du financement de nos établissements de santé.
Une situation indigne, qui renvoie à un autre siècle, celui où les hôpitaux vivaient de la charité des plus aisés pour soigner les plus pauvres.
Des exemples inquiétants partout en France
- À Saint-Nazaire, le syndicat FO a dénoncé le recours au mécénat au sein du centre hospitalier.
- Évreux, un « emprunt citoyen » de 100 000 € a été lancé pour rouvrir 22 lits.
- À Paris, l'hôpital Georges-Pompidou a sollicité des dons sur les réseaux sociaux pour financer… un scanner.
- Et à Nantes, le CHU a carrément fait appel aux enfants, les invitant à devenir des « super héros de la santé » en collectant des dons auprès de leurs proches.
Pour Force Ouvrière, c'est une ligne rouge franchie : faire porter sur les citoyens, et pire, sur les plus jeunes, la responsabilité du financement de l'hôpital public est moralement et socialement inacceptable.
Un symptôme d'un désengagement de l'État
Ces initiatives ne sont pas des actes de générosité anodins. Elles traduisent le désengagement massif de l'État et les effets ravageurs d'une politique d'austérité hospitalière menée depuis plus de trente ans.
La Fédération FO-SPSS le rappelle : le PLFSS (Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale) reste chaque année largement insuffisant pour répondre aux besoins des établissements.
L'ONDAM, lui, continue d'étrangler financièrement les hôpitaux, entraînant fermetures de lits, suppressions de postes, mutualisations forcées et perte d'attractivité.
L'hôpital public géré comme une entreprise
Depuis 2004, la tarification à l'activité (T2A) impose à l'hôpital de « produire » des actes pour survivre, au détriment de la qualité des soins.
Cette logique marchande, renforcée par la loi HPST de 2009, a transformé l'hôpital en entreprise concurrentielle, soumise aux impératifs comptables des Agences Régionales de Santé (ARS).
Résultat : plus de 100 000 lits fermés entre 2000 et 2025, un personnel épuisé, et des services d'urgence en crise permanente.
FO dit STOP à la mendicité hospitalière
Face à cette situation, la Fédération FO-SPSS et les syndicats FO Santé, dont FO Santé HMV, exigent un véritable plan de sauvetage du service public hospitalier :
- Un PLFSS à la hauteur des besoins réels de la fonction publique hospitalière ;
- L'abrogation de la T2A et de l'ONDAM ;
- Un financement pérenne et solidaire par la Sécurité sociale ;
- La revalorisation des carrières hospitalières et le recrutement massif de personnels ;
- Le refus total du mécénat, des prêts citoyens et des cagnottes qui institutionnalisent la mendicité ;
- La reconquête d'un service public de santé digne, accessible à tous.
Notre hôpital public n'a pas besoin de charité.
Il a besoin de moyens humains, financiers et de reconnaissance.
Et tant que l'État continuera de se désengager, FO Santé continuera de dénoncer cette politique qui met en péril la santé de tous.
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