
Ce dimanche, c’est dans les colonnes de Vosges Matin que l’on découvre, stupéfaits mais pas surpris, l’ampleur du naufrage : aux urgences d’Épinal, un système de fausses astreintes et gardes rémunérées indûment aurait permis à plusieurs médecins de détourner autour d’un million d’euros.
Oui, vous avez bien lu : un million !
Pendant que les équipes se démènent en sous-effectif chronique, pendant que les patients s’entassent dans les couloirs faute de lits, pendant que les soignants tirent sur la corde jusqu’à la rupture, certains se remplissaient les poches sans même être là.
Mais plus stupéfiant encore que cette escroquerie organisée ? Le silence feutré, l'opacité savamment entretenue et l'arrogance de la direction, incarnée une fois de plus par Monsieur Dominique Cheveau, directeur général du GHT des Vosges, cumulard en chef (Épinal, Remiremont, Neufchâteau, et on en passe…) et désormais sur le départ pour les îles. L’ARS de Wallis-et-Futuna l’attend — on leur souhaite bien du courage.
« Je vais opposer mon droit de réserve »
Une "enquête administrative interne" aurait été lancée, dit-on. Mais les conclusions ? Gardées secrètes. Le signalement au procureur ? Fait… après que les journalistes aient commencé à poser des questions. Transparence zéro, réflexe de protection maximal.
Et dans les couloirs, ce sont encore et toujours les agents, les paramédicaux, les administratifs, qui paient les pots cassés. À Épinal, sur les 15 temps pleins nécessaires aux urgences, moins de 9 sont réellement en poste. Résultat : épuisement généralisé, ambiance délétère, désorganisation permanente. Pendant que certains simulaient des astreintes, d'autres faisaient des vraies nuits blanches. Et Monsieur Cheveau ? Toujours en mode gestion de crise à l’envers : plus prompt à recadrer un syndicaliste qu’à dénoncer une fraude millionnaire.
Des échanges aussi glacials qu’instructifs
Les rares fois où FO Santé a tenté d’aborder des sujets avec Monsieur Cheveau, c’est l’agacement hautain qui domine, la condescendance pour réponse, l’infantilisation en guise de dialogue. Une posture méprisante devenue sa marque de fabrique. Loin d’être un gestionnaire à l’écoute des professionnels de terrain, il préfère visiblement fermer les yeux sur les dérives quand elles concernent les "hauts profils", tout en serrant la vis sur les équipes qui font tourner l’hôpital à bout de bras.
Une enquête judiciaire ? Il était temps.
Le parquet va enfin ouvrir une enquête. Mais ce n’est pas qu’une affaire de médecins fautifs : c’est un système qui doit être jugé. Car pendant que les comptes étaient siphonnés, où étaient les contrôles ? Qui savait ? Qui a laissé faire ? Qui a couvert ? Combien de fois l’alerte a-t-elle été ignorée ? Ces questions doivent trouver des réponses, et vite.
Nous, syndicat FO Santé, n’avons de cesse de le dire :
La transparence, la probité et la reconnaissance des vrais professionnels sont les seuls remparts contre la gangrène de la gestion opaque et à deux vitesses.
Trop longtemps, certains se sont crus intouchables. Il est temps que justice passe.

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