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La méthode Humanitude améliore les soins en EHPAD, mais sans personnel ni moyens, impossible d’humaniser les conditions de travail des soignants.

La méthode Humanitude améliore les soins en EHPAD, mais sans personnel ni moyens, impossible d’humaniser les conditions de travail des soignants.

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Dans un contexte de crise aiguë du secteur médico-social, où l’absentéisme, le manque de personnel et les difficultés d’attractivité pèsent lourdement sur les établissements, la méthodologie Humanitude apparaît comme une bouffée d’oxygène autant pour les résidents que pour les professionnels. Développée depuis les années 1980, cette approche centrée sur la dignité, la bienveillance et le respect de la personne âgée vise à réhumaniser les soins dans un secteur trop souvent perçu comme déshumanisé.

Une approche fondée sur le lien et la dignité

La méthodologie "HUMANITUDE" repose sur cinq piliers : le regard, la parole, le toucher, la verticalité et l’identité. Elle invite les soignants à établir un lien authentique avec les résidents, en valorisant la communication verbale et non verbale, et en favorisant l’autonomie autant que possible.

Selon plusieurs études, les bienfaits de l’Humanitude sont significatifs :

  • -60 % de chutes dans les établissements ayant intégré la méthode de manière systémique.
  • Une réduction de 80 % des contentions (mécaniques ou chimiques).
  • Une amélioration de l’ambiance de travail et de la relation soignant-soigné ressentie par 90 % des professionnels formés.
  • Une baisse du turnover de 25 % constatée dans certains EHPAD engagés dans une démarche Humanitude.

Des effets positifs aussi pour les soignants

Au-delà du bien-être des résidents, Humanitude redonne du sens au travail des soignants, souvent épuisés, démotivés et confrontés à une perte de sens liée aux conditions de travail dégradées. Elle contribue à une réduction du stress professionnel, favorise l’esprit d’équipe, et améliore l’ambiance générale dans les services.

Cependant, l’application de cette méthodologie suppose du temps, de la stabilité d’équipe, et des moyens. Trois éléments qui font aujourd’hui cruellement défaut.

Mais une mise en œuvre freinée par les réalités du terrain

Malgré ses bénéfices prouvés, l’implantation de la méthode Humanitude reste limitée, freinée par de lourdes contraintes :

  • Un absentéisme chronique : dans certains établissements, le taux d’absentéisme dépasse 12 %, rendant difficile toute démarche collective ou de formation continue.
  • Un manque de personnel qualifié : avec des ratios soignants/résidents souvent très en-deçà des recommandations (1 soignant pour 15 à 20 résidents en journée et 1 pour 60 résidents la nuit), il est difficile de prendre le temps nécessaire à une approche personnalisée.
  • Une attractivité en berne : les métiers du soin en EHPAD sont parmi les moins attractifs du secteur sanitaire, avec des salaires bas, des horaires décalés et une pénibilité importante.
  • Des contraintes budgétaires fortes : bon nombre d’établissements n’ont pas les ressources pour financer les formations nécessaires à l’appropriation de la méthode Humanitude, ni pour embaucher le personnel supplémentaire qu’elle nécessiterait pour être appliquée pleinement.

Vers une reconnaissance institutionnelle ?

Certains départements et ARS commencent à soutenir des démarches d’Humanitude via des appels à projets ou des subventions ponctuelles. Mais cela reste insuffisant et hétérogène selon les territoires. Pour qu’Humanitude ne reste pas une belle idée réservée à quelques établissements pilotes, il faut une volonté politique forte, un investissement massif dans les ressources humaines, et une revalorisation réelle des métiers du soin.

Conclusion : entre idéal de soin et dure réalité

Humanitude nous montre qu’un autre soin est possible, plus respectueux, plus humain, plus épanouissant. Mais cet idéal ne pourra se déployer sans résoudre les problèmes structurels majeurs qui gangrènent les EHPAD aujourd’hui. Pour que cette méthode ne soit pas qu’un cache-misère, elle doit s’inscrire dans une réflexion globale sur la place de la personne âgée dans notre société et sur la revalorisation urgente du travail des soignants.

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