
Le député de la 3ème circonscription des Vosges, Christophe Naegelen, rapporteur de la commission d’enquête sur « l’organisation du système de santé et les difficultés d’accès aux soins », était cette semaine dans les Vosges pour une série d’auditions qui concernent directement les établissements hospitaliers du département. Cette commission, relancée après la dissolution de l’Assemblée nationale, vise à interroger en profondeur le fonctionnement de notre système de santé, à travers des auditions de terrain, au plus près des réalités locales.
Nous avions rencontré M. Naegelen le 14 février dernier à sa permanence de Remiremont. Lors de cet échange, il nous avait longuement présenté ce projet de commission d’enquête, mettant déjà en avant son ambition : comprendre pourquoi, malgré des investissements massifs, l’accès aux soins se dégrade partout en France, et tout particulièrement dans les zones rurales et semi-rurales comme les Vosges.
Trois hôpitaux vosgiens auditionnés
C’est donc une étape importante que la commission a franchie en visitant trois établissements vosgiens ces 15 et 16 avril : Mirecourt, Remiremont et Épinal. Les membres de la commission y ont rencontré les directions, les représentants médicaux et paramédicaux ainsi que des personnels hospitaliers. À chaque fois, les échanges ont porté sur les conditions de travail, les difficultés de recrutement, la répartition des activités, la coopération entre établissements, et bien sûr, l’accueil des patients.
À Remiremont, que M. Naegelen qualifie de « cas d’école », les enjeux sont multiples : fermeture ponctuelle des urgences, manque de personnels, défi du maintien de l’offre de soins de proximité… autant de problématiques qui traduisent une situation hospitalière en souffrance. Le député n’hésite pas à poser la question qui fâche : « Où va le pognon ? », rappelant que 325 milliards d’euros ont été dépensés pour la santé en 2023, sans amélioration notable.
Une volonté de transparence et de réforme
Pour le député vosgien, il est temps d’analyser sérieusement les dysfonctionnements et de proposer des solutions structurelles. Selon lui, trois grandes pistes se dessinent déjà :
- La révision de la structuration administrative des établissements ;
- Une coopération accrue entre hôpitaux publics et cliniques privées ;
- Une réforme en profondeur de la formation des professionnels de santé.
Il souligne également l’importance d’une meilleure anticipation de la part des pouvoirs publics. « Cela fait quarante ans qu’on ne pense pas à long terme. Aujourd’hui, on en paie le prix. »
Des chiffres qui parlent
Les données de la DREES rappellent que les soins hospitaliers constituent le premier poste de dépense avec 122 milliards d’euros, soit 1 795 € par habitant. Le coût de la santé ne cesse d’augmenter, mais les inégalités d’accès aux soins, elles, persistent. On observe également un net recul des dépenses de prévention, accentué par la fin de la crise sanitaire.
Un rapport attendu en juillet
La commission doit remettre ses conclusions d’ici juillet 2025. Pour notre syndicat, cette démarche est une occasion à saisir pour faire entendre la voix des soignants, des usagers, et des territoires oubliés. Nous serons attentifs à la suite des travaux, et nous continuerons à défendre un hôpital public de proximité, humain et accessible à toutes et tous.
Rendez-vous: La prochaine rencontre avec le Député Naegelen est prévue le 23 mai 2025
Actualité précédente :
Tragédie à l'hôpital : des soignants brisés, un mari en quête de justice
Actualité suivante :
CONGÉS ANNUELS : la réglementation s’applique, sans compromis (même aux HMV)

