
La récente décision du tribunal administratif de Pau pourrait marquer un tournant pour les soignants. En novembre 2024, une infirmière a obtenu gain de cause pour la surmajoration de ses heures supplémentaires effectuées entre 2020 et 2022. Cette décision ouvre la voie à de nombreux recours similaires.
Une décision juridique inédite
Le 19 novembre 2024, le tribunal administratif de Pau a annulé la décision d’un centre hospitalier qui refusait de payer la majoration des heures supplémentaires d’une infirmière de bloc opératoire. Cette soignante, qui avait accumulé plus de 400 heures supplémentaires pendant la crise sanitaire, a vu ses droits reconnus, créant ainsi un précédent juridique.
Décision du Tribunal administratif de Pau, 19 novembre 2024, n° 2300381
Une reconnaissance légale des droits des soignants
Durant la pandémie, les professionnels de santé ont été mobilisés de manière exceptionnelle, effectuant un volume d’heures supplémentaires considérable. Pour récompenser cet engagement, plusieurs décrets, dont celui du 19 septembre 2020, ont instauré une majoration spécifique :
- +50% pour les premières heures supplémentaires,
- +100% au-delà d’un certain seuil.
Cependant, de nombreux soignants n’auraient pas bénéficié de cette surmajoration, ouvrant ainsi la voie à des recours en justice pour obtenir une régularisation.
Des milliers de soignants potentiellement concernés
Le cabinet Cassius Avocats, qui défend la plaignante, signale que plus d’une centaine de dossiers sont déjà en cours devant divers tribunaux administratifs. Selon Me Haïba Ouaissi, associé du cabinet, cette première victoire pourrait faire jurisprudence et inciter davantage de soignants à revendiquer leurs droits.
Comment engager une démarche de réclamation ?
Les soignants concernés peuvent d’abord déposer un recours amiable auprès de leur administration hospitalière. En cas de refus, un contentieux devant le tribunal administratif peut être envisagé. Certains établissements ont déjà procédé à des régularisations, tandis que d’autres attendent une directive de la Direction générale de l’offre de soins.
Une reconnaissance du travail accompli
Au-delà de la compensation financière, ces démarches visent à faire reconnaître l’engagement sans faille des soignants durant la crise sanitaire. Le respect des droits des travailleurs et des engagements pris par l’État est au cœur de cette bataille juridique.
Le cabinet Cassius Avocats invite les soignants souhaitant vérifier leur éligibilité à se rapprocher de leurs services pour entamer les procédures nécessaires avant l’été 2025.
Si vous êtes concerné, n’attendez plus pour faire valoir vos droits !
Source: Hospimédia
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