
La Fédération FO des personnels des services publics et de santé tire une nouvelle fois la sonnette d'alarme sur l'état critique des hôpitaux en France. Alors que l'épidémie de grippe n'a pas encore atteint son pic, les services d'urgences et de réanimation sont déjà sous tension, affectant par ricochet l'ensemble des établissements de santé.
Actuellement, une vingtaine de plans blancs ont été déclenchés sur le territoire. Ce dispositif, autrefois réservé aux situations exceptionnelles (catastrophes naturelles, accidents majeurs, crises chimiques), est désormais utilisé de manière routinière par les directions hospitalières et les agences régionales de santé (ARS).
Des impacts dramatiques pour les patients et le personnel
La généralisation des plans blancs a des conséquences graves :
- Pour les patients : des déprogrammations de soins et d'hospitalisations, augmentant les pertes de chance et les risques de mortalité.
- Pour le personnel hospitalier : des conditions de travail devenues intenables, avec des choix de prise en charge insupportables à gérer.Cette surcharge de travail accentue la pénurie de soignants, freine l’attractivité des métiers de la santé et provoque des démissions en cascade. Les professionnels se retrouvent acculés, confrontés à une "obligation absolue de service", sans reconnaissance ni solutions pérennes.
Une politique de santé défaillante
Certains observateurs se plaisent à expliquer sur les plateaux télévisés que la crise hospitalière serait avant tout un problème d’organisation interne. Une telle vision nie l'ampleur des dégradations accumulées :
- Fermetures de lits,
- Pénuries de personnels médicaux et paramédicaux,
- Une population en augmentation de 8 millions de personnes en 24 ans,
- Une charge de travail du secteur public qui assume 83 % de la permanence des soins.
Pour FO, ces discours ne sont qu’un reflet de l’inaction politique des dernières décennies. Les gouvernements successifs, malgré les multiples alertes syndicales, n’ont pas pris la mesure des besoins des hôpitaux. Depuis 2022, pas moins de sept ministres de la Santé se sont succédé, sans qu’aucune mesure significative ne soit mise en œuvre.
Des revendications claires pour sauver l’hôpital
La Fédération FO-SPS a adressé ses demandes prioritaires au nouveau ministre de la Santé, Yannick Neuder. Parmi celles-ci :
- Des ratios soignants/soignés adaptés,
- Une réouverture des lits fermés,
- L'augmentation du nombre de places dans les instituts de formation paramédicale,
- Un ONDAM (Objectif national des dépenses d’assurance maladie) revu à +10 %.
À ce jour, aucune réponse du cabinet ministériel n’a été apportée à la demande d’entrevue de FO-SPS. En signe de protestation, la fédération refuse de siéger au Conseil Supérieur de la Fonction Publique Hospitalière tant qu’elle ne sera pas entendue.
Appel à la mobilisation
FO appelle ses syndicats et structures locales à intensifier leurs actions, y compris par la grève, pour faire entendre les revendications légitimes des personnels hospitaliers. Plus que jamais, la fédération soutient ses membres dans leurs combats pour un système de santé à la hauteur des besoins de tous.
Pour plus d’informations, visitez le site de la Fédération FO-SPS : FO-Publics-Santé.

