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Sécurité des patients : des signalements en hausse, mais encore trop rares

Sécurité des patients : des signalements en hausse, mais encore trop rares

8 mn

Pour la Journée mondiale de la sécurité des patients, la HAS alerte sur la sous-déclaration persistante des EIGS.

La déclaration des événements indésirables graves liés aux soins progresse, mais reste insuffisante.

À l'approche de la Journée mondiale de la sécurité des patients, célébrée le 17 septembre sous l'égide de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la Haute Autorité de santé (HAS) appelle les professionnels de santé à renforcer leur engagement dans la déclaration des événements indésirables graves associés aux soins (EIGS). Dans son bilan 2025 publié le 11 septembre, l'institution souligne une progression encourageante des signalements, tout en rappelant que la réalité du terrain demeure largement sous-estimée.

Une hausse significative des déclarations.

En 2025, la HAS a enregistré 5 576 déclarations complètes d'EIGS, soit une augmentation de 20 % par rapport à 2024 et de plus de 70 % par rapport à 2023. Depuis la création du portail national de signalement en 2017, plus de 21 600 événements ont été analysés.

Pour la Haute Autorité, cette évolution traduit avant tout une meilleure appropriation du dispositif par les professionnels de santé et le développement progressif d'une culture de sécurité. Cependant, ces chiffres restent très éloignés des estimations nationales, qui évaluent le nombre réel d'événements indésirables graves à plusieurs centaines de milliers par an.

Des événements souvent graves et évitables.

L'analyse des déclarations révèle que les établissements de santé demeurent les principaux contributeurs, représentant 70 % des signalements, devant les Ehpad (23,6 %).

Les conséquences pour les patients sont particulièrement lourdes : 39 % des EIGS déclarés ont conduit au décès du patient, 30 % ont engagé le pronostic vital et 31 % ont entraîné un déficit fonctionnel permanent probable. Plus préoccupant encore, près d'un événement sur deux a été jugé évitable ou probablement évitable par les équipes elles-mêmes.

Les erreurs liées à l'organisation des soins ou à leur réalisation restent la première cause identifiée (48,7 %), devant les actes auto-infligés par les patients (20,9 %), les incidents liés aux procédures interventionnelles ou chirurgicales (14,1 %) et les erreurs médicamenteuses (12,7 %).

Médicaments et Ehpad sous surveillance.

La HAS met particulièrement l'accent sur la sécurité de la prescription médicamenteuse. Parmi les 213 EIGS étudiés dans ce domaine, 95 % étaient considérés comme évitables. Les erreurs de dosage et les confusions de médicaments représentent les principales causes recensées.

L'autorité pointe également plusieurs défaillances organisationnelles, notamment le manque d'interopérabilité des logiciels, les limites des outils d'aide à la décision et les difficultés de communication entre professionnels.

Autre sujet de préoccupation : la prise en charge en Ehpad. Sur les 230 événements analysés dans ces structures, 45 % ont entraîné le décès du résident. La HAS recommande notamment de renforcer la sécurité du parcours diagnostique, d'encadrer davantage le recours aux contentions physiques, d'améliorer les échanges entre Ehpad et hôpitaux et de mieux formaliser le circuit du médicament.

Mieux informer les patients et approfondir les analyses.

Le rapport souligne également l'importance de l'annonce du dommage associé aux soins. Bien qu'il s'agisse d'une obligation légale et d'un droit fondamental pour les patients, seuls 77 % des EIGS déclarés ont fait l'objet d'une information formalisée auprès du patient ou de ses proches.

Par ailleurs, si les causes immédiates sont généralement identifiées, l'analyse approfondie des causes profondes demeure souvent incomplète. Cette faiblesse limite les retours d'expérience et la mise en œuvre d'actions correctives efficaces.

Un outil d'apprentissage collectif.

Dans un contexte où la qualité et la sécurité des soins occupent une place croissante dans les politiques de santé, la HAS réaffirme que la déclaration des EIGS ne doit pas être perçue comme une démarche punitive. Au contraire, elle constitue un levier essentiel d'amélioration continue permettant de tirer des enseignements des incidents, de renforcer la prévention des risques et d'éviter que les mêmes événements ne se reproduisent.

Conclusion.

Malgré les progrès observés en 2025, le défi reste donc majeur : transformer chaque événement indésirable grave en opportunité d'apprentissage afin d'améliorer durablement la sécurité des patients.

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