
Trois ou quatre années d'études avant de commencer à travailler : ces années sont-elles perdues pour la retraite ? Pour certains anciens agents CNRACL, elles peuvent être validées et compter dans le calcul de la pension.
Vous avez fait des études avant de travailler à l'hôpital ?
C'est une question que beaucoup de professionnels peuvent se poser au moment de préparer leur retraite :
J'ai passé trois ou quatre ans à étudier pour obtenir mon diplôme. Est-ce que ces années comptent pour ma retraite ?
La réponse est oui dans certaines situations, mais attention : il ne s'agit pas ici de parler du rachat des années d'études.
Il existe un ancien dispositif de validation des périodes, qui permettait notamment de prendre en compte certaines années d'études ayant conduit à l'obtention du diplôme d'État d'infirmier, de sage-femme ou d'assistant de service social.
Mais ce dispositif est aujourd'hui fermé aux nouveaux fonctionnaires.
Qui peut être concerné ?
C'est probablement le point le plus important.
La CNRACL indique que seuls les fonctionnaires titularisés au plus tard le 1er janvier 2013 peuvent demander la validation de périodes.
Ainsi, une personne titularisée à compter du 2 janvier 2013 ne peut plus demander la validation de ses années d'études d'infirmier, de sage-femme ou d'assistant de service social dans le cadre de ce dispositif.
Cela signifie que le dispositif concerne essentiellement des agents ayant commencé leur carrière il y a déjà plusieurs années.
Quelles études peuvent être validées ?
La réglementation vise précisément certaines formations.
Pour les infirmiers:
Les études ayant conduit au diplôme d'État d'infirmier peuvent être validées.
La CNRACL prévoit :
jusqu'à 3 années d'études pour les études effectuées à compter du 1er septembre 1992 ;
jusqu'à 2 ans et 9 mois pour les études effectuées avant cette date.
Pour les sages-femmes:
La validation peut porter sur 4 années d'études maximum.
Pour les assistants de service social:
La validation peut porter sur 3 années d'études maximum.
Et pour les puéricultrices ?
C'est là qu'il faut être particulièrement attentif.
La spécialisation de puéricultrice n'est pas, en elle-même, une période validable dans ce dispositif.
En revanche, une professionnelle devenue puéricultrice peut être concernée par la validation de ses années d'études d'infirmière, si elle remplit les conditions applicables. La CNRACL précise que les années de spécialisation ne sont pas validables.
Mais est-ce que cela permet de partir plus tôt ?
Pas automatiquement.
C'est le point le plus important à comprendre.
Imaginez votre retraite comme ayant deux compteurs.
Le premier compteur : vos trimestres de retraite
Les années d'études validées peuvent augmenter la durée prise en compte dans le calcul de votre retraite.
Elles peuvent donc avoir une incidence sur le montant de la pension et sur certains calculs liés à la durée de carrière.
Le deuxième compteur : les services en catégorie active
C'est différent.
Pour pouvoir bénéficier d'un départ anticipé au titre de la catégorie active, il faut avoir accompli une durée minimale de services dans des emplois classés en catégorie active.
La CNRACL indique actuellement que cette durée minimale reste comprise entre 15 et 17 ans selon la situation de l'agent.
Or, une année d'études validée ne devient pas automatiquement une année de travail en catégorie active.
C'est donc une erreur de dire :
J'ai fait trois ans d'études infirmières, donc je peux partir trois ans plus tôt.
Ce n'est pas la règle.
Alors à quoi servent ces années validées ?
Elles peuvent tout de même être importantes.
Prenons un exemple très simple.
Une infirmière a :
3 années d'études infirmières validées
puis
30 années de carrière comme fonctionnaire.
Les années d'études validées peuvent être intégrées dans les éléments retenus pour sa retraite.
Cela peut donc donner une durée de carrière prise en compte supérieure aux seules années travaillées après la titularisation.
Mais cela ne signifie pas que les trois années d'études sont transformées en trois années supplémentaires de services actifs.
C'est toute la subtilité du dispositif.
Pourquoi cela peut quand même être intéressant au moment de la retraite ?
Parce que le nombre de trimestres est un élément essentiel du calcul de la pension.
La CNRACL rappelle que le calcul de la pension dépend notamment du nombre de trimestres, de l'année de référence et du traitement indiciaire retenu.
Des années d'études validées peuvent donc avoir un intérêt réel dans le calcul de la retraite.
Mais il faut examiner chaque situation individuellement.
Un exemple avec une infirmière
Imaginez une infirmière titularisée avant 2013.
Elle a effectué trois années d'études pour obtenir son diplôme d'État d'infirmier.
Ces trois années peuvent, sous réserve de remplir les conditions réglementaires, faire l'objet d'une validation.
Elle poursuit ensuite sa carrière pendant 30 ans.
Les trois années d'études ne sont donc pas simplement « effacées » de son parcours retraite.
En revanche, si elle souhaite savoir si ces années lui permettent de partir plus tôt au titre de la catégorie active, il faut regarder séparément son nombre d'années de services réellement accomplis en catégorie active.
C'est cette distinction qui est essentielle.
Et les sages-femmes ?
Le principe est comparable.
Une sage-femme remplissant les conditions historiques de validation pouvait faire prendre en compte jusqu'à quatre années d'études ayant conduit à son diplôme d'État.
Ces années peuvent donc avoir un impact sur sa carrière retraite.
Mais là encore, elles ne doivent pas être confondues avec les années de services actifs nécessaires pour bénéficier du départ anticipé lié à la catégorie active.
La sage-femme fait bien partie des emplois actuellement classés en catégorie active à la CNRACL.
Pourquoi cette question concerne surtout les anciennes générations ?
Parce que le dispositif de validation des années d'études est désormais fermé.
La CNRACL précise clairement que les fonctionnaires titularisés à compter du 2 janvier 2013 ne peuvent plus demander la validation de leurs années d'études d'infirmier, de sage-femme ou d'assistant social.
Cela signifie qu'un agent qui commence aujourd'hui une carrière hospitalière ne peut pas simplement demander à la CNRACL :
J'ai fait trois ans d'études infirmières, merci de les ajouter à ma carrière.
Le dispositif historique ne fonctionne plus pour lui.
Comment savoir si vos années ont été validées ?
Il faut commencer par regarder votre carrière retraite et les documents transmis par votre employeur et la CNRACL.
Si une demande de validation a été faite, la CNRACL a instruit le dossier et déterminé les périodes pouvant être validées.
La CNRACL précise d'ailleurs qu'elle est la seule habilitée à déterminer le caractère validable de chaque période.
Il faut donc éviter de se fier uniquement à une information donnée oralement par un collègue, un ancien cadre ou même un service administratif.
La situation doit être vérifiée dans le dossier retraite de l'agent.
À retenir
Vous êtes IDE, sage-femme ou ancienne professionnelle concernée par ce dispositif ?
Vos années d'études ne sont peut-être pas perdues pour votre retraite.
Mais trois choses doivent être vérifiées :
1. Votre date de titularisation
Le dispositif de validation concerne les fonctionnaires titularisés au plus tard le 1er janvier 2013.
2. La nature de vos études
Les études d'infirmier, de sage-femme et d'assistant de service social peuvent être concernées sous conditions. Les années de spécialisation, notamment la spécialisation de puéricultrice, ne sont pas validables dans ce dispositif.
3. L'objectif recherché
Une année d'études validée peut compter pour la retraite, mais elle ne doit pas être automatiquement assimilée à une année de service en catégorie active.
En clair :
Études validées = elles peuvent compter pour la retraite.
Études validées ≠ automatiquement années de catégorie active.
Études validées ≠ automatiquement départ trois ans plus tôt.
La bonne démarche consiste donc à vérifier précisément son relevé de carrière et son dossier CNRACL avant de tirer une conclusion sur son âge de départ.
Les textes et sources utilisés:
Cet article est construit à partir de la réglementation et des informations officielles disponibles au 1er août 2026, notamment :
Décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la CNRACL : consulter le décret sur Légifrance
CNRACL – Validation de périodes : consulter la page officielle CNRACL
CNRACL – Comment se déroule la demande de validation ?: consulter les conditions de validation
CNRACL – Dossier de demande de validation : consulter les périodes et études validables
CNRACL – Départ anticipé au titre de la catégorie active : consulter les règles de départ en catégorie active
CNRACL – Âge légal de départ à la retraite : consulter les conditions d'âge et de durée de services
Important : les règles de retraite évoluent régulièrement. Cet article correspond à la réglementation applicable au 1er août 2026 ; une situation individuelle doit toujours être vérifiée auprès de la CNRACL à partir du dossier de carrière de l'agent.
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