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ÉDITORIAL - FO SANTE HMV : Quand les chiffres ne suffisent plus à expliquer la réalité ...

ÉDITORIAL - FO SANTE HMV : Quand les chiffres ne suffisent plus à expliquer la réalité ...

16 mn

Depuis plusieurs années FO Santé HMV demande les effectifs cibles du Centre Hospitalier Intercommunal des Hôpitaux du Massif des Vosges. Activité, effectifs, recrutement, plannings : les chiffres présentés en instance interrogent. Découvrez notre enquête.

FO Santé HMV demande la communication des effectifs cibles et des effectifs réels. Jamais de réponse. Pourtant, les données présentées dans les différentes instances interrogent sérieusement : activité en recul par rapport à 2019, +116 ETP, tensions persistantes sur les plannings. Il est temps que la Direction apporte des réponses.

Les chiffres devraient éclairer les décisions. Aujourd'hui, ils alimentent les interrogations.

Dans un établissement hospitalier, les chiffres ne sont pas de simples indicateurs. Ils déterminent des recrutements, des remplacements, des organisations de travail, des investissements et, finalement, les conditions dans lesquelles les patients sont pris en charge. Lorsqu'ils sont cohérents, ils permettent de comprendre une stratégie. Lorsqu'ils deviennent difficilement conciliables entre eux, ils imposent un devoir d'explication.

Depuis plusieurs années, FO Santé HMV demande une information qui devrait pourtant constituer le socle de toute politique de ressources humaines : les effectifs cibles. Cette notion est essentielle. Elle permet de répondre à une question simple : combien de professionnels sont nécessaires, dans chaque service et pour chaque métier, afin d'assurer un fonctionnement normal de l'établissement ?

À ce jour, cette information n'a toujours pas été communiquée aux représentants du personnel malgré des demandes répétées.

Cette absence de réponse ne serait qu'un détail si, dans le même temps, les données présentées au sein des instances ne suscitaient pas autant de questions.

Une succession de constats qui appelle une explication globale

Au fil des CSE, des F3SCT, Conseils de surveillance et des réunions de dialogue social, plusieurs informations ont été présentées aux représentants du personnel.

Il a notamment été indiqué que l'activité hospitalière de 2025 demeurait inférieure à celle observée en 2019, dernière année de référence avant la crise sanitaire. Dans le même temps, il a été évoqué qu'environ 116 équivalents temps plein supplémentaires seraient rémunérés par rapport à cette même année, soit près de 6,5 % des effectifs de référence.

Par ailleurs, il est également affirmé que les difficultés de recrutement seraient désormais largement résorbées dans plusieurs secteurs. Pourtant, nous devons recourir à des primes d'attractivité pour attirer des professionnels. Enfin, chacun reconnaît que les plannings demeurent particulièrement complexes à construire dans de nombreux services.

Aucun de ces éléments ne démontre, à lui seul, l'existence d'une anomalie. En revanche, leur rapprochement appelle une analyse globale qui, jusqu'à présent, n'a pas été présentée aux représentants du personnel.

Comment expliquer simultanément une activité inférieure à celle de 2019, une augmentation des effectifs rémunérés, des difficultés de recrutement annoncées comme en recul et, dans le même temps, des équipes qui continuent à fonctionner sous tension ?

C'est cette cohérence d'ensemble que FO cherche à comprendre.

Le terrain raconte une réalité que les tableaux ne suffisent pas à décrire

Les chiffres sont indispensables. Mais ils ne disent pas tout.

Depuis plusieurs années, les représentants de FO Santé HMV parcourent les services des différents sites hospitaliers. Ils rencontrent les équipes, échangent avec les professionnels et recueillent leurs observations.

Une même idée revient avec constance : les plannings restent difficiles à stabiliser, les organisations doivent être adaptées en permanence, les remplacements demeurent compliqués et les professionnels ont le sentiment de travailler sous une pression constante.

L'exemple des secrétariats médicaux est particulièrement révélateur.

Sur les réseaux sociaux, il n'est pas rare de voir des usagers expliquer qu'ils ont tenté d'appeler plusieurs dizaines de fois avant d'obtenir un interlocuteur. Certains en concluent que les secrétariats seraient fermés une partie de l'après-midi ou que personne ne répond volontairement aux appels.

Nos observations conduisent à une lecture différente.

Les secrétaires médicales que nous rencontrons passent une grande partie de leur journée au téléphone, tout en assurant l'accueil physique des patients, la préparation des consultations, la gestion des dossiers médicaux, les convocations, les comptes rendus et l'ensemble des tâches administratives indispensables au fonctionnement des services.

Lorsqu'une ligne reste occupée, ce n'est pas nécessairement parce que personne ne travaille. C'est parfois parce qu'une même professionnelle ne peut matériellement répondre à plusieurs appels simultanément.

Cette situation pose une question simple : les effectifs actuellement affectés à ces missions correspondent-ils réellement au volume d'activité attendu ?

Sans effectifs cibles, personne ne peut répondre objectivement à cette question.

Une question de méthode avant d'être une question de chiffres

Le débat ne porte pas uniquement sur le nombre d'agents.

Il porte sur la méthode utilisée pour piloter les ressources humaines.

Dans tout établissement, la définition d'effectifs cibles permet d'évaluer les besoins, de mesurer les écarts, d'anticiper les évolutions et d'objectiver les décisions. Elle constitue également un outil essentiel pour nourrir le dialogue social.

En leur absence, les représentants du personnel disposent de moins d'éléments pour apprécier les conséquences d'une réorganisation, d'un redéploiement ou d'une évolution des effectifs.

Cette situation est d'autant plus regrettable que les décisions prises aujourd'hui auront des conséquences concrètes demain.

  • Pour les agents contractuels, elles peuvent influencer les renouvellements de contrat.
  • Pour les équipes titulaires, elles peuvent se traduire par une augmentation durable de la charge de travail.
  • Pour les usagers, elles peuvent avoir un impact direct sur les délais d'accès aux soins, l'accueil ou l'organisation des consultations.

Les professionnels ne demandent pas des certitudes. Ils demandent de la clarté.

Les professionnels savent parfaitement que gérer un établissement public de cette taille est complexe.

Ils savent que l'activité évolue, que les contraintes budgétaires existent et que les ressources humaines ne se résument jamais à une équation.

En revanche, ils sont en droit d'attendre que les décisions qui les concernent reposent sur des données objectivées et compréhensibles.

Ils sont également en droit de comprendre comment s'articulent les informations qui leur sont présentées.

Lorsque plusieurs messages semblent difficilement conciliables, la responsabilité de l'employeur n'est pas seulement de les énoncer. Elle est aussi de les expliquer.

À la Direction de répondre ...

FO Santé HMV formule aujourd'hui publiquement plusieurs questions :

  • Quelle méthode est utilisée pour déterminer les effectifs nécessaires au fonctionnement de chaque service ?
  • Les Hôpitaux du Massif des Vosges disposent-ils d'effectifs cibles formalisés ? Si oui, pourquoi ne sont-ils pas communiqués aux représentants du personnel ?
  • Comment s'explique l'écart entre une activité présentée comme inférieure à celle de 2019 et une augmentation d'environ 116 équivalents temps plein rémunérés ?
  • Comment cette évolution s'articule-t-elle avec les difficultés persistantes de construction des plannings rapportées dans plusieurs secteurs ?
  • Comment expliquer que des primes d'attractivité continuent d'être mobilisées dans certains établissements alors que les difficultés de recrutement sont présentées comme largement résorbées ?
  • Comment les représentants du personnel peuvent-ils exercer pleinement leur mission sans disposer des indicateurs qui permettent d'apprécier objectivement les besoins des services ?

Ces questions ne relèvent ni de la polémique ni de la contestation systématique. Elles relèvent d'une exigence de transparence.

Parce qu'un dialogue social ne peut être pleinement constructif que lorsque chacun partage les mêmes données. Et parce que, dans un établissement public hospitalier, la confiance ne repose pas sur des déclarations d'intention. Elle repose sur des faits, des chiffres et la capacité à les expliquer.

FO Santé HMV continuera donc à demander ces réponses. Non par principe, mais parce que les professionnels, les patients et les représentants du personnel méritent une vision claire de la manière dont sont pilotées les ressources humaines des Hôpitaux du Massif des Vosges.

La transparence n'est pas une option, dans un hôpital public, elle est un devoir.

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