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Quand un démenti nie des faits pourtant établis !

Quand un démenti nie des faits pourtant établis !

6 mn

À la suite d'un article de presse, la direction des Hôpitaux du Massif des Vosges dément les propos relayés par FO affirmant qu'«aucune difficulté particulière n'a été relevée concernant le personnel de ce site ».

Cette affirmation publique pose un problème sérieux, tant elle est en contradiction avec des faits connus, exprimés et documentés.

Contexte

Depuis plusieurs mois, des difficultés ont été portées par FO de manière répétée dans les instances de dialogue social. Chaque mois, les représentants du personnel ont alerté sur la dégradation des conditions de travail et sur les risques psychosociaux encourus par les agents sur le site de Fraize. Ces alertes n'étaient ni vagues ni isolées : elles étaient circonstanciées, constantes et connues.

Lors d'une réunion rassemblant l'ensemble d'une équipe de ce site, les agents présents ont pris la parole pour décrire un mal‑être profond au travail. Ces échanges n'ont laissé aucune place à l'ambiguïté : souffrance morale, épuisement, perte de sens et, pour certains, expression explicite d'idées noires. Ces propos ont été tenus directement devant les membres de la direction des HMV, dans des cadres formels, collectifs et assumés.

Problématique

Dans ces conditions, affirmer publiquement qu'aucune difficulté particulière n'aurait été relevée ne relève pas d'une simple divergence d'appréciation. Il s'agit d'un déni des paroles exprimées par les agents eux‑mêmes et des alertes formalisées par leurs représentants. Ce décalage entre la réalité du terrain et la communication officielle interroge lourdement sur la sincérité du message adressé au public comme aux personnels.

Face à la gravité des situations décrites et à l'absence de reconnaissance claire des difficultés rencontrées, notre organisation syndicale a estimé nécessaire d'alerter l'Agence Régionale de Santé (ARS). Une telle démarche n'est jamais entreprise à la légère. Elle repose sur des éléments concrets, des témoignages concordants et une accumulation de signaux préoccupants. On ne saisit pas une autorité sanitaire sans raisons sérieuses, ni sans avoir, au préalable, utilisé l'ensemble des canaux internes de dialogue et d'alerte.

Nous rappelons qu'alerter sur des situations de souffrance au travail n'est ni excessif ni polémique : C'EST NOTRE RESPONSABILITÉ!

Minimiser ou nier ces situations, en revanche, empêche toute prévention efficace et fait peser un risque réel sur la santé des agents.

Position claire de FO

FO considère aujourd'hui avoir rempli pleinement son rôle : écouter les personnels, relayer leur parole, alerter la direction, puis les autorités compétentes lorsque la situation l'exigeait. Les faits ont été portés à la connaissance de ceux qui avaient la capacité d'agir.

En conséquence, et afin de ne pas entretenir une communication stérile fondée sur des démentis en décalage avec la réalité vécue, cette publication sera notre dernière prise de parole publique sur ce sujet. Nous continuerons à agir dans les cadres légaux et institutionnels, et à accompagner les agents concernés, mais nous n'alimenterons plus publiquement ce déni.

La souffrance au travail n'est ni une opinion ni un ressenti secondaire. Elle mérite d'être reconnue, traitée et prise au sérieux.

Tout le reste n'est que communication.

Vosges Matin - Edition de Saint-Dié des Vosges

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