
Les doyens de médecine alertent : supprimer le numerus apertus sans moyens adaptés mettrait en péril la qualité de formation des futurs médecins.
Le ministre Yannick Neuder souhaite supprimer le numerus apertus, système en place depuis 2020 pour réguler les admissions en études de médecine, via un amendement à la proposition de loi sur l’amélioration de l’accès aux soins.
Définition
Le numerus apertus fonctionne simplement : chaque année, le nombre minimum de places ouvertes en deuxième année aux aspirants médecins, pharmaciens, etc. sera déterminé et établi par décret. Cela devrait augmenter le nombre de places disponibles en deuxième année.
Le numerus apertus est calculé par le ministère de l’Enseignement supérieur et le ministère de la Santé en accord avec les ARS, les agences régionales de santé. Le calcul tient compte de deux grands critères : les besoins des territoires concernés en termes de personnel médical, d’accès au soin, et des capacités d’accueil des universités ainsi que des CHU (Centre hospitalier universitaire) concernés par le numerus apertus. Il existe un numerus apertus pour chaque filière de santé (MMOPK - Médecine. Maïeutique. Odotonlogie. Pharmacie. Kinésithérapie.)
Que dit cette proposition de loi?
Le texte prévoit la fin du numerus apertus pour renforcer la formation de médecins. Les ARS pourront exiger des universités d’augmenter leurs capacités, selon les besoins de santé territoriaux. Il facilite aussi la réintégration des étudiants partis à l’étranger et renforce les passerelles pour les paramédicaux.
La conférence des doyens de médecine donne l'alerte:
1. Capacité d’accueil des facultés saturée :
Manque criant d’enseignants, de personnels administratifs, de locaux, stages hospitaliers à saturation... Augmenter les admissions sans moyens aggraverait la dégradation de la qualité de la formation.
2. Décision précipitée sans stratégie de long terme :,
Les effets des mesures prises aujourd’hui ne se feront sentir qu’en 2035.
L’augmentation du nombre d’étudiants doit être pilotée par des données objectives, via la Conférence nationale de santé prévue fin 2025, sous l’égide de l’Observatoire national des professions de santé.
3. Formation à calibrer selon les évolutions du système de santé :
Les besoins en formation doivent tenir compte :De la démographie, du vieillissement, de la prévalence des maladies chroniques, des nouvelles technologies (numérique, IA), des nouvelles formes d’exercice et de coopérations interprofessionnelles.
4. Réintégration des étudiants partis à l’étranger : un autre problème :
Les doyens s’opposent à une réintégration facilitée des étudiants français ayant fait leurs études dans l’UE (Roumanie, Espagne, Belgique...), cela dépasserait les capacités de formation des facultés françaises et cela introduirait une injustice vis-à-vis des étudiants ayant suivi la voie française, plus sélective et encadrée.
Conclusion :
La Conférence des doyens s’oppose à la suppression du numerus apertus sans moyens et appelle à une planification rigoureuse basée sur des données de santé publique. Elle alerte sur un risque de détérioration de la qualité de formation médicale si les décisions sont prises sans vision d’ensemble.
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