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Troubles cognitifs sévères : une réalité quotidienne sous-estimée par la direction

Troubles cognitifs sévères : une réalité quotidienne sous-estimée par la direction

10 mn

Chaque jour, dans les services des HMV, les professionnels sont confrontés à une réalité de plus en plus préoccupante : l'accueil et la prise en charge de patients atteints de troubles cognitifs sévères, parfois associés à des comportements d'agitation, d'agressivité ou de violence envers eux-mêmes et envers les autres.

Ce ne sont pas des situations isolées

Cette situation n'a rien d'exceptionnel. Elle devient au contraire une situation habituelle à laquelle nos établissements sont confrontés quotidiennement. Pourtant, les organisations de soins ne suivent pas cette évolution des besoins.

Face à ce constat, notre organisation syndicale a récemment proposé la création d'une Unité Cognitivo-Comportementale (UCC) au sein des HMV, dispositif qui existe déjà dans de nombreux établissements et qui a démontré sa pertinence pour accompagner ces patients dans des conditions adaptées et sécurisées. Cette proposition a malheureusement été balayée par la direction en la reléguant éventuellement à une intégration au prochain projet d'établissement de 2030!

L'imaginaire bien trop loin de la réalité

Nous dénonçons cette position qui témoigne une fois de plus d'un manque d'écoute des réalités et des urgences du terrain.

Nous souhaitons avant tout rappeler la souffrance des soignants. Infirmiers, aides-soignants, agents de service et l'ensemble des professionnels doivent prendre en charge ces patients avec les moyens dont ils disposent, souvent sans formation spécifique, sans effectifs adaptés et sans locaux appropriés. Ils sont confrontés à des situations complexes, parfois dangereuses, qui génèrent épuisement professionnel, sentiment d'impuissance, stress et perte de sens.

Nous voulons également attirer l'attention sur la souffrance des patients eux-mêmes. Ces personnes vulnérables nécessitent une approche spécialisée, des espaces adaptés et des équipes formées. En l'absence de dispositif dédié, elles subissent une prise en charge qui ne répond pas pleinement à leurs besoins, ce qui peut accentuer leur désorientation, leur angoisse et leurs troubles du comportement.

Cette situation a aussi des conséquences importantes pour les familles, qui assistent avec inquiétude aux difficultés rencontrées par leurs proches et qui ont le sentiment légitime que les moyens nécessaires ne sont pas mis en œuvre pour leur garantir un accompagnement digne et adapté.

Enfin, il ne faut pas oublier les autres patients hospitalisés, qui subissent eux aussi les conséquences de cette organisation inadaptée. Les épisodes d'agitation ou de violence, les tensions qu'ils génèrent et la mobilisation permanente des équipes impactent l'ensemble de la vie des services et peuvent altérer la qualité de prise en charge de tous.

Au delà des murs

Au-delà des conséquences humaines et organisationnelles, ces situations ont également un impact direct sur l'image des HMV. Les patients, leurs familles et les visiteurs sont témoins de prises en charge souvent inadaptées et n'hésitent pas à partager leur incompréhension et leur inquiétude à l'extérieur de l'établissement. Cette mauvaise publicité, relayée par le bouche-à-oreille ou sur les réseaux sociaux, nuit à la confiance des usagers et renvoie l'image d'un hôpital qui ne se donne pas les moyens de répondre à l'évolution des besoins de la population.

Et pourtant, des solutions existent

Nous refusons que cette situation soit considérée comme une fatalité. Des solutions existent. Des structures spécialisées fonctionnent déjà dans d'autres établissements. Les professionnels les réclament, les patients en ont besoin et les familles les attendent.

Il est temps que la direction entende les alertes répétées du terrain et engage une véritable réflexion sur la création d'une unité adaptée aux troubles cognitifs et comportementaux. Ignorer cette réalité aujourd'hui, c'est laisser perdurer une situation préjudiciable pour les patients, pour leurs proches et pour l'ensemble des professionnels qui les accompagnent au quotidien.

Envoyé: Jeudi 23 Juillet 2026 14:29:50
Objet: Re: Alerte F3SCT - Violences en service et demande de mesures de prévention

Bonjour M. Maignan,

Je vous remercie pour votre réponse ainsi que pour les engagements pris concernant l'analyse de ces événements et la présentation des conclusions devant la F3SCT.

Nous saluons également la volonté de conduire un CREX associant les différents acteurs concernés, démarche qui contribuera, je l'espère, à renforcer durablement la sécurité des professionnels, des patients et des visiteurs.

Dans un esprit constructif, je me permets de soumettre une piste de réflexion qui pourrait utilement alimenter les travaux à venir. Ne serait-il pas opportun d'étudier la faisabilité de créer une Unité Cognitivo-Comportementale ou une structure dédiée, permettant d'accueillir, sur une durée limitée, des patients présentant des troubles du comportement, avec pour objectif de stabiliser leur état clinique, notamment sur le plan thymique, avant leur retour dans une unité d'hospitalisation conventionnelle ?

Cette réflexion pourrait constituer une réponse complémentaire conciliant la qualité de la prise en charge des patients et la sécurisation des conditions de travail des professionnels.

Bien cordialement,

FO CHI HMV

Envoyé: Jeudi 23 Juillet 2026 17:22:47
Objet: Re: Alerte F3SCT - Violences en service et demande de mesures de prévention

Monsieur GUILLOT,

Je vous remercie pour votre proposition. Cette dernière pourrait être étudiée, collectivement, dans le cadre du prochain projet d'établissement des HMV.

Bien à vous,

Direction des HMV

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